Mobilite, remunerations, carriere… l’association se mobilise et provoque le debat …

 

Les anciens élèves réunis jeudi 5 décembre en conseil national, puis en assemblée générale, ont largement débattu des deux sujets d’actualité que sont les conséquences de la « réforme Morel » et les négociations du protocole ADD entre les syndicats du régime général et l’Ucanss.

Les perspectives des anciens élèves comme dirigeants de la Protection sociale constituent le point commun de ces deux sujets. La position de l’association des élèves et anciens élèves de l’En3s est exposée en détail  dans le numéro 80 d’Elan social : oui à la mobilité, mais non à la réduction des coefficients de rémunération !

Les mobilités, qu’ont vécu voire subi les anciens élèves présents jeudi nous permettent de constater qu’elles engendrent des coûts importants, et pas uniquement financiers : recherche d’un  nouveau logement, déménagement individuel voire familial, déplacements, rupture dans certains cas des liens familiaux et quelquefois conséquences sur la santé des individus.

En contrepartie, unanimité pour reconnaître l’enrichissement que ces mobilités procurent. Nul n’envisage de passer sa vie professionnelle dans un même organisme. Mais que prévoient les têtes de réseau pour accompagner durablement et réellement ces dynamiques, hormis la promesse d’envisager des réflexions dans ce sens à l’issue d’une prochaine COG …. ?

Dans ces conditions, et sans que cela ne relève d’une volonté affichée et opiniâtre des anciens élèves eux-mêmes, il est loisible de constater voire de critiquer l’enfermement dans des silos, qu’il s’agisse des fonctions d’agents comptables (ou d’ordonnateur à l’inverse), ou des branches voire des régimes….

La réforme du cadre de gestion des ADD, tant par la voie réglementaire (décret et arrêtés parus cet été) que par la voie conventionnelle n’emprunte qu’une partie du discours volontariste tenu par Annick Morel depuis 2009, et auquel souscrit globalement l’association. Certes le texte remis par l’Ucanss à la signature des syndicats de salariés jusqu’au 20 décembre comprend une augmentation significative de la prise en charge de la double résidence (jusqu’à 1.000 euros pendant 24 mois en région parisienne, au lieu des 6 mois actuels). La modulation de la prime de mobilité (entre 1 et 4 mois selon qu’il y a ou pas changement de branche voire de circonscription) n’apparaît pas quant à elle inadaptée tant le dispositif de 2005 (3 mois de salaire) peut en effet donner lieu à certaines dérives…en région parisienne.

Mais que signifie « en contrepartie » la réduction de 40 à 50 points (soit environ 4%) sur 4 des 6 niveaux des coefficients d’entrée des ADD ? Que les agents de direction en poste sont trop payés par rapport au travail effectué, ou par rapport aux cadres dirigeants de la fonction publique ? Ou bien qu’à l’avenir nous n’aurons plus besoin d’ADD en raison des restructurations des réseaux, aboutissant par exemple à réduire de 40% le nombre d’agents de direction en URSSAF d’ici 2017 ?

Ne nous y trompons pas. La tentative de l’Etat et de l’employeur vis-à-vis des ADD du régime général  n’est qu’une première étape, qui pourra ensuite permettre de renouveler le hold-up avec les ADD des autres régimes. Cette attaque aura par ailleurs inéluctablement des conséquences sur les autres catégories de salariés (cadres puis agents) puisqu’elle procède de la même philosophie, sinon des mêmes moyens. Enfin, soyons cohérents et n’essayons plus dans cette hypothèse de parler d’attractivité des postes mais aussi des missions, en interne comme en externe, et cessons de nous bercer d’illusions et de leurrer les futurs collègues qui pourraient encore imaginer s’accomplir au profit de l’intérêt général au sein des organismes de Sécurité sociale.

L’AEN3S n’est pas partie prenante dans le processus de négociation du nouveau protocole avec l’employeur. Elle ne peut que présenter la réalité (ce qui n’est déjà pas réalisé par ailleurs) aux élèves et anciens élèves et provoquer les échanges et le débat, comme ce fut le cas toute l’année et jeudi 5 décembre, ou dans les pages d’Elan social.  Ayant donc voix au chapitre, à défaut du pouvoir de signature, elle encourage chacun et chacune  à réfléchir et puis à réagir en toute connaissance de cause, pour soi et pour les autres …